L'inspirante

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  • Posted by: FELINE

DOTHY Z : « Les femmes doivent croire en elles et compter sur elles »

Les enfants défavorisés la connaissent, l’aiment et l’adorent. Chaque année, dans un élan de charité, elle leur offre des repas car, les voir sourire lui met de la joie au cœur. Elle, c’est Zebro Dorothée Lydie Aubierge Raymonde plus connue sous le pseudonyme de Dothy Z, présidente d’ONG, chef d’entreprise et artiste-chanteuse ivoirienne qui a bien voulu vous ouvrir les portes de son grand cœur pour partager avec vous des moments « félinement » inspirants.

Dothy z via l’ONG « âme de cœur » offre chaque année des repas a 500 enfants défavorises, pourquoi particulièrement les enfants ?

En octobre 1992, j’ai été victime d’un grave accident qui m’a fait perdre l’usage de mes jambes. Les services sociaux m’ont donné une carte pour aller aux « restos du cœur » en cas de besoin car dans ces moments difficiles on perd souvent les soi-disant amis et j’ai retrouvé le sourire dans ce lieu. Ma rééducation a été très longue loin des yeux, mais je suis une femme très forte malgré les douleurs physiques je ne laisse rien entrevoir. Grâce à Dieu, je marche mieux depuis 2000. C’est suite à cette expérience, que j’ai décidé de créer un genre de « restos du cœur » pour les enfants.

Comment sont organisées vos œuvres caritatives ?

Un gros projet malheureusement je ne suis pas du tout subventionnée. Je finance à 70% ces œuvres caritatives et je sollicite souvent des personnes qui aiment bien l’artiste Dothy Z pour parrainer mes activités. Les mairies ou je vais, me donne la logistique, un lieu, les chaises, les bâches et les 500 enfants qu’ils recrutent eux-mêmes dans les quartiers défavorisés de la commune mais sans accompagnement financier. J’essaie de faire ce que je peux. À force d’être déçue j’ai décidé de faire les choses à mon rythme et selon mes moyens.

Vous êtes arrivée a la musique, au départ un domaine dont vous ignoriez tout, pensez-vous avoir fait le bon choix ?

Je suis arrivée à la musique certes, par hasard mais j’avais des atouts, à savoir d’être modeste, être une très bonne danseuse qui a du rythme dans le corps et je n’ai pas peur de la scène ni du public car je tenais déjà les ballets à l’école. J’étais devant la scène et en plus je pouvais communiquer sur mon produit, défendre ce que je faisais, bien m’exprimer devant un journaliste. C’est d’ailleurs tout cela qui a motivé Bamba Yang mon premier producteur à me faire rentrer en studio. C’était un bon choix d’autant plus que la musique est une grande passion. D’ailleurs, je continue à chanter sous certaines conditions car je n’aime pas le désordre. Aujourd’hui, on devient trop vite star, icône ou diva sans savoir ce que signifient vraiment ces mots. Je prépare doucement mes 33 ans de carrière et je pense que cela ne laissera personne indifférent car, les ivoiriens adorent leurs artistes et aimeraient les revoir sur scène. Mais il faut dire que la nature veut qu’on mette les gens aux oubliettes. Passer à la télé est un parcours de combattant, on ne vous invite pas à des émissions culturelles, on voit toujours les mêmes, etc.

En dehors de votre vie d’artiste et de l’ONG « âme de cœur », vous êtes aussi chef d’entreprise, pouvez-vous nous en dire plus sur votre entreprise ?

En dehors de l’ONG « âme de cœur » et de ma carrière d’artiste-chanteuse, j’ai une entreprise de vente de vêtements, d’accessoires en import-export et je participe à beaucoup de festivals de mode, de foire et d’exposition. Je vis simplement, j’adore être indépendante et compter sur moi-même et sur Dieu. J’ai un don, c’est d’avoir du goût et être très communicative. J’ai un carnet d’adresse humble et je respecte mes relations. Je crois que c’est le plus important dans la vie.

Comment arrivez-vous à gérer votre entreprise, l’ONG et votre vie d’artiste ?

Je suis une femme très occupée car je n’aime pas rester sans rien faire. Je parcours les foires, les festivals, pour vendre des choses pour financer mon Ong et nourrir les enfants. J’ai beaucoup d’énergie et je n’aime pas les gens paresseux. Je dors au maximum, 3 heures, je me lève tôt je planifie tout. Je suis très maniaque et méticuleuse, c’est pourquoi parfois je suis incomprise.

Pensez-vous que les femmes ivoiriennes sont entreprenantes ?

Vous savez les femmes ivoiriennes essaient d’entreprendre. Même si beaucoup sont longtemps restées dépendantes des hommes fortunés, aujourd’hui une autre génération a compris que la beauté est éphémère et que l’homme a toujours des besoins d’éternelle jeunesse. Alors si tu comptes sur son argent ma chère, tu risques de pleurer un jour.

Est-il aise pour une femme africaine d’entreprendre en occident?

J’en vois très peu dans les festivals fashion que je parcoure mais ça viendra petit à petit.

Derrière votre attitude soignée vous êtes une vraie battante, quelles sont les valeurs qui vous caractérisent ?

J’aime toujours être parfaite bien mise je déteste l’extravagance, c’est d’ailleurs l’atout majeur qui fait ma particularité dans le showbiz. Je n’attends pas de passer à la télé pour m’habiller et je n’ai pas honte de mon âge (59 ans). Je ne connais pas le complexe et surtout je me méfie des méchantes personnes raison pour laquelle je suis très casanière mais j’adore la fête, être avec des personnes sensibles et gentilles. J’aime faire des cadeaux, j’en reçois très peu mais je m’en fous. J’aime les gens vrais qui ne singent pas.

Quels conseils pouvez-vous prodiguer à la jeunesse pour qu’elle se mette au travail ?

Si je peux donner des conseils aux jeunes filles de maintenant, c’est de croire en elles et compter sur elles, surtout il faut aller à l’école savoir s’exprimer, se défendre est un atout majeur.

Si vous étiez une féline laquelle seriez-vous ?

Féline, oui je suis une féline au vrai sens du terme. Une femme qui ne se laisse pas faire, telle une panthère.

Marina KONAN

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