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FEMINISTE / FÉMININE

FÉMINISTE

Le féminisme est un combat nécessaire

Le féminisme est un combat nécessaire. Je le pose comme un postulat qui trouve sa véracité dans le quotidien de la femme, quelle qu’elle soit. Je pose aussi le fait que ce combat qu’est le féminisme doit être livré par tous ceux qui se soucient du bien de l’humanité. Femmes et hommes. Oui, le féminisme est bien un combat nécessaire. Alors, féministe moi ? Oui ! Mieux, féministe prosélyte. Pourquoi ? Parce que le féminisme que je revendique n’est ni une opinion ni une fantaisie de femme mais une injonction à continuer d’exister, à assumer mon être de femme. Rassurez-vous, je ne tiens pas de bistouri pour les lui couper à l’homme, et c’est pour cela qu’avant de poursuivre mon propos, je pense qu’il importe de dire de quoi le féminisme est le nom pour qu’on se le tienne pour dit. « Le féminisme se définit comme une pensée critique, un combat universel mené au nom des droits humains. Il n’est pas défini par une biologie mais par un engagement. (…) Les hommes peuvent participer au débat, non évidemment pour le polluer avec des arguties et des jérémiades, mais pour se remettre en question, politiser le masculin, vivre l’égalité, partager le pouvoir, la parole, le sacré, les richesses et le temps libre. » (cf. Ivan Jablonka in ouvrage collectif Femmes en mouvements). À travers le monde et selon les continents, il arrive qu’on en soit encore à la sélection artificielle du sexe des enfants à naître. On n’hésite pas à l’avortement si le fœtus s’avère être, après une échographie, de sexe féminin et on a même recourt à la ligature des trompes pour éviter ce qui est assimilé à un impair. Le garçon est préférable car il est celui qui va perpétuer le patronyme, faire prospérer la famille. Et tant pis si le fils unique a du mal à trouver plus tard, une douce moitié déjà passée à trépas avant d’avoir vu le jour. En Europe, comparaison n’est pas raison mais la situation semble plus reluisante pour les consœurs de Simone de Beauvoir, dont certaines en sont aujourd’hui à exiger qu’on ne leur demande plus ‘’Madame ou Mademoiselle ?’’ dans un café ou ailleurs car la réciproque n’est pas observée. On ne dit pas ‘’Monsieur ou Damoiseau ?’’, on dit simplement ’’ Monsieur’’. Donnons du ‘’Madame’’ à moins qu’on ne nous reprenne. Mais cela est aussi la face visible de l’iceberg puisque les inégalités de salaires, les violences conjugales, les féminicides sont bien une triste réalité. Je passe sous silence les pays à fatwas pour dire qu’en Afrique, même si des progrès sont bien visibles, le statut de la femme dans nos sociétés, fruit d’une longue éducation, a encore du chemin à faire. Par exemple, on justifie l’excision et le lévirat par le fait qu’ils rendraient la femme plus vertueuse, plus chaste. Il serait donc fastidieux de lister les méfaits auxquels sont exposées les femmes et qui rendent béant le fossé des inégalités. Ce que je relèverais cependant, ce sont les possibilités pour nous de faire évoluer la situation afin que nos sociétés soient celles où Hommes et Femmes, avec les mêmes droits, laissent vivre leur créativité pour une société harmonieuse. Les termes féminisme et féministe se suffisent à eux-mêmes et ne permettent pas de complément qui viendraient les orienter ou les détourner de leurs objectifs. Certes, la question de la perception du féminisme appelle un certain nombre d’interrogations relatives aux motivations qui sont en jeu de façon avouée ou inavouée. Cette perception, je pense, doit s’indexer à la responsabilité à avoir vis-à-vis de l’autre, qui est ici la femme afin que nous ne vivions plus dans une société où le fait d’être une femme puisse être perçu comme un avantage social ou comme une tare. Pour que tous aient les mêmes droits et laissent vivre leur créativité comme seuls des êtres humains sensés savent le faire quand filles et garçons ont cessé de tisser des rêves sédentaires en pensant que l’attrait supposé de la féminité d’une part, et la force présumée de la masculinité d’autre part seront des raisons suffisantes pour combler le vide d’un imaginaire qui les aura orienté vers une société inégalitaire. Voilà pourquoi je suis féministe.

Par Oumou D

FÉMININE

Féministe ? Non ! Féminine, oui !

J’ai un problème avec les belles qui se proclament féministes, vent debout, fortes en thèmes, gouailles hargneuses, activistes annexant jusqu’à plus soif notre quotidien pour, disent-elles, la cause de la femme. Il ne suffit
pas de s’autoproclamer Grand Mamamouchi des luttes pour que la parole fasse des miracles.
J’ai un problème avec les belles qui se proclament féministes, dis-je. En plus des incantations que nous entendons souvent, les poncifs convergent tous une sorte d’infantilisation de la…femme. En même temps que l’on hurle à l’émancipation, à la liberté, à l’autonomisation et tutti quanti, on applaudit des deux mains la discrimination dite positive, comme si une discrimination pouvait être autre chose qu’une injustice flagrante. Pendant qu’on hurle le peu de places accordées aux femmes dans les instances de décisions, les grandes lutteuses-féministes promues s’entourent la plupart du temps d’une cour de mâles qui se pâment d’admiration devant ces exemplaires uniques qu’elles sont. Regardez dans les départements de nos ministres femmes, DG, PCA, etc., et comptez avec moi le nombre de femmes y ayant des postes de responsabilités. Vous et moi aurons vite fait le décompte sur les doigts d’un manchot. Les femmes de ménage, les ouvreuses de portes, les standardistes et autres secrétaires sont des femmes, et les autres postes nécessitant CV fleuris et compétences avérées sont réservés aux hommes. Mais qui donc mieux que ces femmes ministres, DG, PCA, etc., devraient commencer par prêcher d’exemples ?
Je trouve suspect le discours du / sur le féminisme. Lequel des masques porte-t-on pour frapper sur l’enclume des droits de la femme qui seraient bafoués et elle avec ? La femme-mère, la femme-sœur, la femme-amie ou la femme-épouse ? Qui prétend-t-on défendre en réalité ? Qui est la mule pour entrer dans le Saint Graal des pôles de décisions et une fois que l’on y est de se considérer comme une fin de série? Hé oui, pour qui sifflent dans la trompette des inégalités toutes ces féministes puissance N ? Je ne récuse pas le fait qu’ici et ailleurs, des femmes,
par leur détermination et la sincérité de leurs luttes, ont fait bouger les lignes ; aujourd’hui j’ai du mal à suivre la traçabilité du parcours de nos bruyantes féministes. Celles qui acceptent de bon cœur de mettre des femmes comme elles sous les feux de la rampe, qui leur ménagent une place à leurs côtés, qui ne tremblent pas de peur qu’elles leur ravissent leur poste, qui sont contentes d’avoir aidé d’autres femmes, ne clament pas leur féminitude car elles sont féminines !
De ce point de vue, je me considère comme féminine. C’est-à-dire femme et fière de l’être. Point.
Je ne demanderai jamais que des facilités soient accordées à mon enfant parce qu’elle se nomme Eve et parce que l’indice le plus visible de sa féminité est sa poitrine en fleur. Je ne considérerai point que mon fils a plus d’aptitudes que ses sœurs pour des disciplines scolaires du seul fait qu’il est mâle. Je n’accepterai pas non plus d’être reléguée aux oubliettes et mes parchemins considérés comme des coquetteries parce que je me nomme Aude. J’ai la faiblesse ou la finesse de croire que nos braves dames qui écument chaque jour, dès l’aube et jusqu’au coucher
du soleil, les marchés, ont celles-là même qui sont les vraies battantes. Ce sont ces femmes qui, dans leurs pagnes chatoyants, ont bien compris que le seul féminisme qui vaille, elles le définiront par la force de leur travail.
Oui, je suis féminine ! Je n’ai certes pas les gros muscles pouvant me permettre de soulever des barres de fer mais j’ai le cerveau qui me permet de penser le plan d’une maison. Oui, je suis féminine ! C’est avec bonheur que je me parfume de senteurs odoriférantes et me perche sur des échasses pour aller travailler. Aux actes, citoyennes !
Aux actes !

Par Aude AKICI

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